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    JEAN COCTEAU sous l'OCCUPATION... la collaboration artistique.....

     

     

    Annonce des représentations de La Machine à écrire au Théâtre des Arts-Hébertot en 1941.

     

    Cocteau et Arno Breker le 18 mai 1942, au milieu des œuvres du sculpteur exposées à Paris.

    Le comportement de Cocteau durant l’Occupation n’est pas à l’abri des malentendus, et lui attire successivement les éloges et les reproches de Mauriac.

     


    En 1941, la reprise La Machine à écrire au Théâtre des Arts-Hébertot suscite une campagne de diffamation très violente dans la presse collaborationniste (La Gerbe, Le Pilori, Je suis partout).

     

    D’abord refusée par la censure allemande, qui y voit une critique de l’Occupation, puis autorisée après de nombreux remaniements, à nouveau interdite dès le lendemain de la première le 29 avril, puis autorisée deux jours plus tard après suppression d’une scène, la pièce était partie pour faire des remous.

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    Alain Laubreaux notamment, influent critique dramatique pro-collaboration, consacre trois articles de plus en plus polémiques à la pièce et à l’auteur.

     

    Son article du 16 juin lui vaut le soir même une réplique de Jean Marais qui lui crache au visage dans un restaurant et le frappe à plusieurs reprises dans le restaurant et dans la rue où il l’a jeté à terre.

     

    Mauriac, présent à la représentation du 16 juin, est aussi témoin d’une partie de la scène. Il écrit le lendemain à Cocteau son approbation :

     

    « La France est devenue la petite ville que tu évoques et une bande de salauds a volé la machine et s’en sert… Et ce n’est pas un acte gratuit, fichtre non ! »

     

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    L’année suivante cependant, le « Salut à Breker » de Cocteau dans Comœdia du 23 mai lui attire les foudres de son ami.

     

    Arno Breker, que Cocteau semble avoir connu en 1925, est devenu le sculpteur favori de Hitler lorsqu’il reprend contact avec lui à l’automne 1940, pour lui offrir ses services en cas de péril grave (il est aussi l’ami du colonel Speidel, qui commande la place de Paris).

     

    Début mai 1942, Breker revient à Paris pour une exposition de ses œuvres. Cocteau est sollicité par le gouvernement français pour faire le discours d’accueil au moment du vernissage :

     

    « Tout le monde est susct. Ils doivent estimer qu’il n’y a que moi d’assez libre et d’assez fou pour prendre la parole.pe

     

    Et, comme Breker m’a rendu service, je le ferai.

     

    Le drame, c’est sa sculpture. Elle doit être médiocre »

     

    (Journal 1942-1945, 6 mai 1942). Remplacé par Abel Bonnard pour le discours d’accueil, le poète dîne avec Breker le 18 mai et lui promet un article

     

     

     

    (« Mon goût des mauvaises postures », écrit-il dans son journal), qu’il écrit presque aussitôt et envoie à Comœdia, sans mesurer les reproches qu’il va immanquablement s’attirer dans les milieux résistants ni les ennuis que cela lui vaudra à la Libération. Mauriac fait partie de ceux qui ne peuvent pas accepter ou pardonner un tel geste. Il ne semble pas cependant l’avoir fait savoir directement à Cocteau, qui ne l’apprend qu’en avril 1944 par un tiers, et réagit en laissant entendre l’existence d’un donnant donnant avec Breker et en faisant valoir les persécutions dont il a été l’objet :

     

     


    « André Dubois me rapporte que François Mauriac est très monté contre moi. Il trouve que je n’ai pas opté politiquement et me reproche mon article sur Breker. Ceci est encore de la bile et il ferait mieux de se souvenir, comme moi, de notre amitié si grande et si ancienne. L’article sur Breker a sauvé d’Allemagne Patrice de La Tour du Pin. En outre — et si je me place sur ce terrain absurde — quels gages a donnés Mauriac ? Moi, on m’a ruiné dans l’affaire des Parents terribles, on m’a frappé et blessé l’œil, etc. » (Journal 1942-1945, 5 avril 1944). 

     

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    Christophe Clavel
    mardi 25 août 2015

     

     

    « Le 14 janvier 1941, grande première sur les écrans parisiens :

     

    Le Juif Süss du réalisateur Veit Harlan, produit par la firme Terra, est présenté au public. Annoncé par une campagne publicitaire intense, notamment par d’immenses affiches dans le métro, le fil est accueilli favorablement.

     

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    n célèbre comédien du Théâtre français, Jean Darcante, en assure le doublage. L’objectif de la propagande est clair :

     

    il s’agit de vulgariser d’une façon historique, donc indéniable, la vilenie du Juif, dans le genre déjà rendu immortel par Shakespeare.

     

    Cet antisémite éminent avait agi de même avec Shylock, le « marchand de Venise ».

     

     

    Les « braves gens » s’y laissent prendre, le personnage du Juif est présenté comme au Guignol :

    il est le fourbe qui doit être rossé par le gendarme, pour le plus grand plaisir du spectateur.

     

     

    D’autres productions de la même veine, comme Les Rapaces, excitent aussi la haine antijuive par le cinéma, pourtant merveilleux moyen d’éduquer en distrayant.

     

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    À la même époque reparaît Je Suis Partout.

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    Il est temps que les intellectuels français apportent leur pierre à l’édifice de la Collaboration.

     

    Brasillach,

     

    Rebatet, 

     

     

     

     

     

    Laubreaux en assurent la direction.

     

    Tous les auteurs « bien pensants » se précipitent dans les colonnes du journal :

     

    Marcel Aymé,

     

    Jean Anouilh,

     

    Marcel Jouhandeau,

     

    Drieu La Rochelle,

     

    le dessinateur Ralph Soupault, etc.

     

    En examinant la bibliothèque d’un ami de ma famille, l’ingénieur Jacques Gelman, je fus sidéré.

     

    En effet, il m’apparut que tous les auteurs présents sur les rayons étaient passés du côté de l’occupant :

     

    Jean Giraudoux,

    Pierre Benoit,

    Henri Bordeaux,

    Description de cette image, également commentée ci-après

    Paul Morand,

    André Gide,

    Jacques Chardonne,

    Jean Giono,

    Pierre Gaxotte,

    Henri de Montherlant,

    Alfred Fabre-Luce,

    Pierre Mac Orlan,

    Bertrand de Jouvenel.

     

    Les élites qui symbolisaient le pays aux yeux du monde civilisé défiguraient délibérément la France.

     

    Ces grands écrivains pouvaient enfin assouvir leur aversion commune pour les Juifs.

     

    Les « ronds de jambe » de Jean Cocteau,

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     il n'hésite pas à accueillir Arno Breker, sculpteur officiel du troisième Reich, lors de son exposition à Paris, pendant l'été 1942.

     

    Leni Riefenstahl bénéficie de sa protection après la guerre pendant sept ans.

     

     

    grand ami de PICASSO,

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pablo Picasso vit à Paris.

    Entre 1942 et 1943, il réalise l'assemblage, Tête de taureau, L'Aubade, L'Homme au mouton.

    Les archives sur le marchand d'art proche des nazis Hildebrand Gurlitt indiquent qu'il affirme avoir acheté une œuvre chez Picasso lui-même en 1942

    Picasso n'a jamais été inquièté, il vendait ses oeuvres aussi aux occupants..

     

    de Sacha Guitry,

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    de Steve Passeur

     

    et autres esclaves de la mode et du « parisianisme » furent si vulgaires dans la flagornerie et l’allégeance aux vainqueurs,

    qu’il serait indécent de rappeler ici leurs débordements.

     

     Description de cette image, également commentée ci-après

    Le cas de Louis-Ferdinand Céline est particulier.

     

    Cet individu avait besoin pour vivre de « bouffer du Juif » quotidiennement. Sa haine tenait de l’anthropophagie.

     

    Une étude approfondie serait nécessaire pour expliquer les raisons intimes de son comportement.

     

    Cette déviation sadique chez un « médecin » en dit long sur le personnage.

     

    Au printemps 1941, dans La Gerbe, Céline exigeait

    « un véritable statut d’exclusion pour les Juifs »,

    celui imposé par le gouvernement de Vichy lui paraissant très insuffisant.

     

    À la même époque, au rayon librairie des Magasins Réunis, place de la République, je lus par hasard quelques pages de Les Beaux Draps du susdit, qui venait de paraître.

     

     

     

     

     

    La rage, le dégoût, l’indignation qui me saisirent ne m’ont jamais quitté. »

     

    Armand Gliksberg.

    Kaddish pour les miens. Chronique d’un demi-siècle d’antisémitisme (1892 – 1942). Paris, Mille et Une Nuits, 2004, pp. 219 – 221.

     

     

     

     

     

     

     

    https://clio-texte.clionautes.org/La-collaboration-des-intellectuels-francais-durant-l-Occupation.html

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