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     miliciens de grenoble en 1944

     

     

    Six jeunes miliciens de l'école de formation d'Uriage dans l'Isère, sont condamnés à mort, le 2 septembre, par la cour martiale de Grenoble et fusillés le jour même.
      
    Ces condamnations et ces exécutions ne retiendraient pas spécialement l'attention si l'on ne considérait le jeune âge des condamnés, l'absence de charges sérieuses à leur encontre (aucune forme d'engagement contre la résistance),
    les circonstances de leur arrestation, de leur condamnation et de leur exécution.
      
    Avoir été milicien pendant l'été 1944, et au-delà, et quelles que soient la nature de cet engagement et les responsabilités encourues, expose à l’exécution sommaire ou à la sévérité d'un tribunal d'exception.
     
     
     
    Les douze miliciens comparaissent devant une cour martiale, formée à l’initiative du préfet Reynier, assistés par un avocat, le choix d'un défenseur ayant rencontré mille difficultés.
      
    Les membres du Barreau, à Grenoble comme ailleurs, refusent le plus souvent de s'engager, voire de s'exposer.
      
    Grenoble ne fera pas l'exception.
      

    Le procès devant la cour martiale se déroule dans un chahut monstre d'une foule au comble de l'excitation qui couvre l'avocat, Me Guy, d'insultes et de menaces à tel point qu'on devra le faire escorter par des gendarmes.
     
     execution des miliciens de grenoble
     
     
            La foule se retrouve, en masse, pour ne rien manquer de l'exécution des six condamnés à mort :
      
    les amateurs du spectacle se précipitent à pied, à bicyclette ou dans des voitures délabrées.
      
    Bientôt six corps s'affaissent sous les balles du peloton, dans le crépuscule froid et pluvieux de septembre.
      
     
    miliciens de grenoble
       Le journaliste américain John Osborne qui rendit compte de l'événement dans le magazine Life écrivit que la foule fut prise d'un délire collectif et que les maquisards durent éloigner des individus qui cherchaient à atteindre les six cercueils où devaient être déposés les corps des victimes.
     
     
     
     
     
     
     
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