• Des Français dans les maquis garibaldiens (Italie 1943/1945)

    Des Français dans les maquis garibaldiens (Italie 1943/1945)

     

    Toutes guerres comportent des épisodes notoires, mais aussi des faits ignorés ou en tout cas très mal connus, c’est la raison pour laquelle je voulais écrire ce petit article, pensant, sans prétention "d’historien" intéresser les lecteurs de ce site, d'autant que ces aventures eurent pour cadre, en partie, notre département, mais aussi la proche Italie et surtout la Province de Cunéo.

    Dès juin 1942 le Service du travail obligatoire (STO) expédie des travailleurs français (volontaires ou non) travailler dans les entreprises allemandes. Nombreux sont les jeunes français, qui cherchant se soustraire à cette obligation, tentent par divers moyens de rejoindre, difficilement, grâce à des "filières" plus ou moins sures, les maquis en formation encore peu nombreux et mal structurés à cette époque.

    Du nord au sud, pratiquement tout le massif alpin, cache ici ou là des "maquis" pourchassés sans relâche, par l'armée d'occupation italienne. A chaque attaque meurent des réfractaires et des patriotes. Les survivants, prisonniers, sont en général, transférés à Breil sur Roya, où siège le tribunal de la 4ème armée d'occupation italienne. Tous sont condamnés à des peines diverses et déportés en Italie dans divers établissements pénitentiaires : la forteresse de Cunéo (aujourd'hui détruite) et surtout à la centrale de Fossano. Les conditions de détention laissaient les détenus confrontés à la faim, aux coups, à la vermine, à la promiscuité permanente, heureusement compensées par la camaraderie résistante et la mise en place de comités secrets, intérieurs et extérieurs.

    En juillet 1943, Mussolini est destitué, les troupes américaines ont pris Palerme, il s'ensuit un certain flottement parmi les gardiens, dont profitent, une poignée de français et de droits communs pour s'évader.

     

     

     

    La région des Langhe

    Au cours de ces longs mois de détention ; dans les Langhe (1) ; la résistance s'est organisée, de nombreux maquis italiens combattent le fascisme et l'occupation allemande, ils se sont structurés militairement en différentes formations, (de la division à la brigade et aux plus petits groupements) (2) :

     

    Garibaldiens, Justice et Liberté du Major Martini Mauri, Badogliens, groupuscules locaux autonomes, qu'il sera au début difficile de "fédérer" par les responsables italiens et alliés. Parmi eux, les précédents évadés français de Fossano, (dont Simon Samuel, fondateur du 1er Maquis du Vercors à la ferme d'Ambel).

     

    Un jour, ils apprennent que les résistants français incarcérés vont être, sur ordre des allemands, transférés dans un camp de concentration : Dachau, certainement ?

     

    Le 4 juillet 1944 les partisans attaquent la prison, et libèrent les prisonniers.

     

     

    Français et Italiens du groupe "Serville"

    Les fugitifs français, suivirent leurs libérateurs et s'intégrèrent sans problème dans les maquis italiens de la région et continuèrent la lutte à leurs côtés.

     

    Ils retrouvèrent les mêmes conditions de vie et les mêmes combats qu’en France, sabotages, attaques de convois, de casernes, harcèlement de l’ennemi soumis à une insécurité permanente, réceptions de parachutages d'armes et de matériels ;

     

    opérations souvent soldées par des morts et des blessés. Leurs activités guerrières ne cessèrent qu'à la capitulation du 3ème Reich, si bien que, Lyon étant libérée le 3 septembre 1944, bien des lyonnais, dont mon beau père (3), poursuivirent les troupes allemandes jusqu'à la veille du 8 mai 1945 ; et hommage bien mérité, participèrent au grand défilé de la Victoire qui suivi la libération de Turin.

     

     

    Les Français du détachement "Milan"

    En remerciement les autorités de la Province de Cunéo, inaugurèrent en 1973, sur la façade de la Centrale de Fossano, une plaque commémorative dédiée à ces partisans français.

     

    Le retour, après tant de pérégrinations et de souffrances, ne fût pas évident, oublier, essayer d'oublier ! difficile! Mais les ans, et c'est heureux, cicatrisent les douleurs et un jour l'envie vous prend de revoir "les copains".

     

    Certains avaient gardé des contacts et un petit noyau décida de créer une association, qui prit pour nom : "Amicale des Anciens Déportés et Maquisards Français en Italie" (AADMFI).

    Le 14 juin 1997, l'AADMFI inaugura à Breil sur Roya, sous la haute autorité de Pierre Pasquini Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants une stèle remémorant l'épisode de la condamnation de ces résistants franco……italiens.

     

     

    En ces lieux de juillet à septembre 1943
    cent huit Maquisards Français
    furent condamnés à la réclusion
    par le Tribunal Militaire Italien
    Participation à Bande armée
    Déportés en Italie, après évasion
    de la Centrale Piémontaise
    Cinquante six reprirent le combat
    dans la Résistance Italienne
    jusqu'à la Libération de Turin.
    Douze sont morts
    au cours de différentes actions.
    Deux reçurent
    la plus haute Distinction Italienne
    Médaille à la Valeur Militaire

    Pour la France
    Pour la Liberté

     

     

    Notes :

    (1) Les Langhe : région collinaire au sud-est de Turin, comprenant entre autre les communes d’Alba, Barolo, Serralunga, Mondovi, Bra, Dogliani, Monforte……....

    (2) Par exemple : 6ème division d'assaut 'Luigi Capriolo ", brigade "Perotti",détachement "Islafran" (italiens, yougoslaves, français)................

    (3) Aimé Planchon, démobilisé à Villefranche sur Mer au sein du 22ème BCA, GIG, il était titulaire de la Légion d'Honneur, de la Médaille Militaire et de plusieurs décorations françaises et italiennes.

     

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