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    Propagande et censure du régime de Vichy – Contre pouvoir: la Résistance et la voix de la France Libre

    article écrit par MIREILLE DELAMARRE 2005

    Pendant l’occupation, la population française subit non seulement la propagande nazie mais aussi la propagande et la censure du régime de Vichy, à travers la presse, les campagnes d’affichages, la radio, les actualités et documentaires cinématographiques. Pour la contrer la résistance s’organise, de l’étranger par le biais d’émissions radio, et sur place avec les moyens du bord.

     

    Propagande et censure du régime de Vichy – Contre pouvoir: la Résistance et la voix de la France Libre
     
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    Propagande vichyste et censure en France occupée

    L’une des particularités de la propagande du régime autoritaire populiste et guerrier de Vichy c’est l’accent mis sur la figure emblématique du maréchal Pétain, l’imagerie maréchaliste. Son portrait décliné sous la forme du vainqueur de Verdun, du sauveur, du père, du grand père, est tiré a des millions d’exemplaires, sur differents supports (timbres postes, affiches…) et sert de base à une propagande collaborationniste qui vise à normaliser l’occupation mais qui aussi accompagne les discours d’un régime qui monte en épingle le passé national glorieux et prône la révolution nationale (travail famille patrie) pour rassembler tous les français.

    • Propagande et censure dans la presse écrite

      En septembre 1939 l'ensemble des services chargés de la police administrative des moyens de diffusion, et notamment de la presse, sont réunis en un seul département placé sous l'autorité d'un chef de service de presse et de censure le commissariat général à l’information . De 1939 à 1944 ce chef de service assure la fonction de relation publique auprès de la presse et fait pression pour qu'elle soutienne la politique gouvernementale. Après juin 1940 l'agence Havas est démembrée. Une agence de presse d'état est créée en zone sud: l'Office Français d'Information (O.F.I.). En zone nord est mise en place une Agence Française d'Information de Presse (A.F.I.P.) dont la mission première est la propagande.

      S'agissant de la censure, la zone nord ainsi que l'Alsace-Lorraine et la zone "interdite" (les départements du Nord et du Pas-de-Calais), sont sous la seule autorité des services allemands. En zone sud, le gouvernement de Vichy met progressivement en place des services de censure aux niveaux régional, départemental et local, qui quadrillent tout le territoire. Aucune publication ne peut y échapper

      Le régime de Vichy codifie la censure sous forme de "consignes" écrites imposées à la presse. S'y ajoutent des "consignes verbales", des notes confidentielles et secrètes. Ces milliers de consignes, certaines permanentes d’autres temporaires, visent les mises en page, intitulés, choix des sujets, choix des caractères typographiques. Non respectées elles peuvent conduire à des mesures temporaires de suspension voire à l'interdiction de publication. A cela s’ajoute les restrictions de tirage (2 feuilles petit format) dues aux distributions arbitraires de papier dépendant des services allemands de la Propaganda Abteilung, et les difficultés économiques rencontrées.

      Apres l’occupation en 1942 de la zone sud et surtout à partir de 1943 les autorités allemandes s'engagent elle-même dans une politique de plus en plus agressive et répressive, qui mine la presse écrite et contribue à son effondrement. C'est par la voie des ondes que les français cherchent le plus souvent à obtenir ce que les journaux ne sont plus en mesure de leur fournir depuis bien longtemps: des informations. Mais là aussi Vichy veille.
    • Propagande vichyste sur les ondes

      Après la débâcle et la défaite, la radio doit devenir le principal instrument de propagande du nouvel "Etat français" et de sa politique réactionnaire. Cependant les émetteurs sont aux mains des allemands en zone nord occupée. Donc une onde unique et à caractère national va émettre installée au casino de Vichy: "Radio Vichy". Plusieurs ministères ou structures vichystes auront leurs propres chroniques radiodiffusées. L'audience reste faible cette radio est trop orientée vers la politique intérieure du Maréchal, et dédaigne la politique extérieure et les évènements liés à la poursuite de la guerre. Pour y remédier, des émissions de divertissement sont mises en place, dont des émissions musicales, qui dépassent en volume en juin 1941 celui de l’information.

      Pendant ce temps, en zone occupée La Propaganda Abteilung in Frankreich lance Radio Paris dès le 18 juillet 1940.
    • Avec des moyens financiers importants, cette radio allemande en langue française recrute de nombreux journalistes collaborationnistes. Elle joue sur le même créneau divertissement que sa consoeur de Vichy profitant des nombreux concerts et spectacles donnés à Paris.

      Le retour de Laval au gouvernement en 1942,
    • et l'invasion de la zone libre par les allemands, marque un nouvel élan de la radiodiffusion. Le 07 novembre 1942, la loi sur la radiodiffusion est révisée: les services sont centralisés, les émetteurs modernisés, le financement devient plus souple afin de rendre l'outil propagandiste radiophonique plus efficace. Un conseil supérieur de la Radiodiffusion est mis en place, et en 1943 les services de la Radio sont regroupés à Paris. Sous l'influence allemande et sous le poids de la guerre, le discours se radicalise et devient de plus en plus virulent.
    • Propagande vichyste dans les documentaires cinématographiques juillet 1940-novembre 1942

      Pendant l’occupation, les films projetés sont précédés d’un journal d’actualités et d’un documentaire. Entre fin juillet 1940 et novembre 1942, les actualités de la zone Sud sont produites par France-Actualités et Pathé-Gaumont, sous le contrôle de Vichy. En zone Nord une version française des actualités allemandes est diffusée, complétée par quelques reportages spécifiques à la France. Après l’occupation de la zone Sud, il n’y a plus qu’un journal franco-allemand, France-Actualités.

      Entre juillet 1940 et novembre 1942 Le régime de Vichy met en place à travers des documentaires une propagande d’intérêt national sur des thèmes rassembleurs: le passé glorieux de la nation, les discours du gouvernement français, le thème de la Révolution nationale (travail, famille, patrie), et l’imagerie maréchaliste. Ces documentaires sont diffusés dans les salles du cinéma traditionnel, en complément des actualités et du film.

     

    • Dans la zone Sud, ils sont aussi proposés dans le cadre de séances éducatives, destinées aux écoles et aux entreprises. Ils sont également diffusés dans les camps et les centres de formation de la jeunesse.
    • Enfin, des salles de cinéma sont aménagées dans le cadre des grandes expositions organisées en zone occupée.

     


    • Ces films de propagande sont présentés comme des documentaires faits de témoignages basés sur des informations réelles. Ils sont diffusés avant le film de fiction, comme les documentaires d’avant-guerre, et se présentent sous la forme d’un documentaire "classique". Ils font appel à une imagerie consensuelle de séduction, des images harmonieuses, qui s’emploient à gommer l’occupation, prônent un retour à la normale, à la paix, la cohésion la fraternité sur fond de voix off.

     

    • Ces documentaires sont fondés sur une technique d’interpellation du spectateur, et sur un aller-retour constant entre un ton très affectif et une approche plus factuelle (graphiques, chiffres précis...), le tout présenté comme réel. D’autres documentaires visent à discréditer la résistance en présentant des résistants au patriotisme douteux, agissant par intérêt financier.

      L’occupation de la zone Sud en 1942 entraîne des changements radicaux, sur les écrans où seule la propagande allemande demeure, dominée par un discours d’exclusion et de dénonciation de l’ennemi. A noter que les français de la zone sud n’ont connu la propagande allemande qu’à partir de cette date de même qu’en zone occupée les français n’ont pas connu la propagande vichyste qui a disparu de tous les écrans de cinéma en 1943.
     

    La Résistance et la Voix de la France Libre

    La résistance en France s’organise et met en scène de jeunes patriotes nationaux sur des tracts des affiches souvent imprimées avec des moyens rudimentaires au pochoir ou avec des gravures sur bois pressées à la main, pour redonner confiance au peuple et capter son attention sur un futur ou la victoire est au bout du tunnel. Les français à l’affût du moindre signe d’espoir contre l’occupation vont se tourner ver la voix des ondes pour chercher une information qui leur fait cruellement défaut.

    • La voix de La France Libre

      Le 16 juin 1940 De Gaulle arrive en Grande-Bretagne en tant que sous-secrétaire à la Défense nationale. Le 18 peu avant 20h00 le cabinet britannique l'autorise à lire à la radio un texte pour le bulletin d'informations de 20h15 « Les français parlent aux français ». Les britanniques autorisent ensuite l'émission d'un programme français à la B.B.C. d'une demi-heure. Les responsables sont Darcie Gillie, Cecilia Reeves. L'émission originelle "Ici la France" débute dès le 19 juin 1940.
    • Puis Michel de St Denis, sous le nom de Jacques Duchesne réunit une équipe dans le but d'organiser un programme radiodiffusé sur la B.B.C qui démarre le 14 juillet à 20h30. Cette émission prend bientôt le nom de "Les Français parlent aux Français". Au début de chaque émission, Jacques Duchesne lançait cette phrase "Aujourd'hui, (xeme) jour de la résistance du peuple français à l'oppression" qui se transforma en "Aujourd'hui (xeme) jour de la lutte du peuple français pour sa libération".

      Dès le printemps 1941, on écoute beaucoup la B.B.C dans les foyers français. malgré le brouillage et les sanctions sévères encourues.
    • Le succès est dû au fait que les bulletins d'informations (12 par jour en 1944) rapportent assez fidèlement la réalité et sont plutôt objectifs dans les renseignements portant sur le déroulement de la guerre.
    • Y sont associés également quelques divertissements : sketches, musique, témoignages. Des chansons et des maximes deviennent célèbre : le fameux "Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand" sur l'air de la "Cucaracha" par exemple.

      Au début de 1941, l'équipe française de la B.B.C. lance la campagne des V devant être peint partout en signe de victoire.
    • Devant l'ampleur du phénomène, les allemands et Vichy tentèrent de le récupérer à leur avantage en dressant un V immense sur la tour Eiffel. Autre campagne : l'appel à la résistance au S.T.O. (Service de Travail Obligatoire) a permis de rassembler les réfractaires en maquis organisés en 1943. C'est par la biais des mêmes programmes que les "messages personnels" de la résistance sont transmis. L'information sur les actions des maquis est aussi relatée par la B.B.C.

      Par cette radio, la France Libre légitimise son action et sa raison d'être. Ses programmes ont joué comme un effet de contre-pouvoir face à la propagande vichyste et à celle encore plus puissante des nazis. Ainsi, n'étant pas totalement coupée des réalités, la population française a pu conserver un espoir et, pour certains, la volonté d'agir contre l'occupant.










     

     

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  • La Seconde Guerre mondiale a été marquée par un fait méconnu :

    la plus grande attaque de crocodiles de l’Histoire

     

    une-crocodiles-ramree

     

     

    Indéniablement, l’Homme est le plus grand des prédateurs que compte notre planète. Mais dans de rares cas, les rôles sont inversés et la faune semble prendre sa revanche.

     

    Ce fut notamment le cas en 1945, lors d’une bataille entre forces de l’Axe et troupes alliées dans le Pacifique. Là, des crocodiles marins ont décimé des centaines de soldats japonais. SooCurious vous raconte cet épisode funeste. 

    Le crocodile marin, qui vit en Asie et en Océanie, n’a pas d’égal sur Terre. Il est, avec le crocodile du Nil, la plus grande espèce vivante de crocodile, mais aussi la plus lourde. Mesurant jusqu’à 6 mètres de long, il peut peser près d’une tonne et dispose de la morsure la plus puissante du règne animal. Surtout, ce grand reptile peut vivre en eau douce comme en milieu marin, mais peut également passer de la terre à l’eau en quelques instants. Dès lors, face à lui, rares sont les proies à pouvoir s’en tirer indemnes. Ce constat morbide, des soldats de l’armée japonaise l’ont fait en 1945, sur l’île birmane de Ramree.

    Ramree-3

     

    L’histoire commence en 1942, lorsque l’armée japonaise, membre de l’Axe, s’empare de l’île de Ramree en même temps que du sud de la Birmanie.

     

    L’îlot, qui se trouve au large du pays, devient rapidement un maillon essentiel de la stratégie militaire de l’Axe qui y installe une base d’artillerie à longue portée.

     

    De là, les forces militaires nippones mènent d’importantes attaques contre les navires de débarquement britanniques dans la région.

     

    Ainsi, lorsque le site est découvert par les renseignements anglo-américains, son élimination devient une des priorités de la Royal Navy.

    En janvier 1945, les Alliés lancent donc une attaque pour reprendre l’île de Ramree et sa voisine, l’île de Cheduda, afin d’y établir des bases aériennes et de faciliter dans le même temps la victoire finale. Quelques semaines après le début des combats, et alors que les Anglais préparent une offensive, le chef du bataillon aéroporté britannique, Andrew Wyert, envoie un groupe de reconnaissance au coeur de l’île de Ramree. Découvrant que les mangroves de l’îlot sont remplies de crocodiles marins, l’officier prend la décision d’y pousser les troupes ennemies.

    Ramree-4

    Le 19 février, les troupes anglaises, qui sont pourtant mal équipées pour les marécages, poussent plus d’un millier de soldats japonais au fond d’un marais spécifique. La division nippone s’imagine alors avoir obtenu un avantage certain, car elle est mieux préparée à ce type de terrain.

     

    Peu à peu, les Britanniques décident de se retirer vers les côtes, laissant, face aux Japonais, une section réduite mais couverte par l’artillerie. Après s’être éloignés des combats, les officiers anglais commencent à scruter le marais et assistent à un spectacle d’horreur.

    Malgré la suspension des hostilités, ils y voient les soldats japonais tomber les uns après les autres dans des convulsions épileptiques. Et même après que l’avant-garde britannique s’est retirée du champ de bataille, les officiers constatèrent que les troupes nippones étaient totalement impuissantes face à la férocité des monstrueux reptiles. Finalement, le lendemain matin, après plusieurs heures d’un carnage abominable, les quelques survivants sortirent du funeste marécage.

     

    Sur les 1215 soldats d’élite japonais présents ce jour-là, il n’en restait qu’une vingtaine, qui fut faite prisonnière par les Anglais.

     

    Des soldats anglais débarquent à Ramree : 

     

     

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    Aujourd’hui encore, la bataille de Ramree est considérée comme le plus grand massacre d’hommes par des animaux.

     

    Témoin de la brutalité de ce macabre événement, Bruce Right, naturaliste qui a participé aux combats, évoque « les Japonais en sang, éparpillés dans le marécage noir » qui « hurlaient et se faisaient dévorer par les reptiles ».

     

    Deux mois après ce drame, l’enquête d’une commission spéciale a déterminé que 24 % de l’eau des marécages était composée de sang humain.

     

     

    Ramree-2

    Ramree3Ramree2Ce récit historique est absolument glaçant. D’une part parce que des centaines d’hommes ont trouvé la mort dans ces marécages, mais aussi et surtout parce qu’ils ont été décimés par des animaux qui comptent parmi les plus sanguinaires du règne animal. Si la faune

     

     

     

    vous intéresse, découvrez également 12 animaux adorables qui vont disparaitre si rien n’est fait pour contrer le réchauffement climatique. Comment imaginez-vous qu’un homme puisse lutter face à la puissance destructrice d’un animal comme le crocodile marin ?

     

     

     

     

     

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    – L’occupation de Paris débute le 14 juin 1940 et se termine le 25 août 1944.

    Elle dure donc 4 ans.

     

    Il reste très peu de traces de cette époque.

     

    La mémoire du Paris de l’occupation n’a pas été transmise :

     

    cette page d’histoire est devenue un sujet gênant.

     

    Trop de gens ont été impliqués !

     

     

    Qui a envie de se souvenir que le ministre de la propagande, Philippe Henriot, a été tué au 10, rue de Solférino, siège aujourd’hui du Parti Socialiste ?

     

    La seule visibilité de cette période se réduit à des impacts de balles restés sur certaines façades, aux plaques commémoratives qui honorent le souvenir des combattants tombés et aux noms de rue attribués aux résistants.

     

    Le cinéma n’hésite pourtant pas à planter le décor d’un Paris sous l’heure allemande (on pense au film de Claude Autant-Lara, La Traversée de Paris, en 1956 ou, beaucoup plus récent, le film, La rafle, de Roselyne Bosch).

     

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    L’un des lieux les plus symboliques de cette période est sans conteste l’hôtel Lutétia (voir le livre d’Assouline) resté célèbre à plus d’un titre.

     

    Construit par le propriétaire du magasin Le Bon Marché pour y loger sa clientèle, il est le premier hôtel art déco à Paris. Les locaux sont pris en 1944 par l’Abwehr qui fait la chasse aux résistants ; en août 1944, l’hôtel est réquisitionné par le général de Gaulle pour devenir le centre d’accueil des déportés libérés.

     

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    – L’occupation de Paris a été préparée, car une fois les troupes allemandes arrivées, elles prennent immédiatement possession des lieux :

     

     

    40 000 logements et 400 hôtels sont tout de suite réquisitionnés.

     

     

    L’occupation est donc immédiate.

     

     

     

     

    Paris réquisitionnée

    – Les bâtiments réquisitionnés sont presque tous de style haussmannien. Ils sont le plus souvent situés dans des angles de manière à disposer de deux sorties/issues. Beaucoup de ces bâtiments disposent d’abris souterrains.

    -Une géographie de l’occupation allemande de Paris apparaît dès juin 1940 :

    Les XVIe et XVIIIe arrondissements sont le cœur de la présence allemande. C’est là que l’occupation se fait la plus forte/visible.

    Les XIe et XIIe arrondissements sont des lieux d’internement (utilisation des hôpitaux).

    Le XIIIe abrite des usines d’armement.

    Le XVIe sert à loger les hauts dignitaires allemands (ex : le général Oberg, chef des SS).

    Les XIVe et XIXe sont des espaces de cantonnement des troupes allemandes.

    En somme, l’Ouest et le centre de paris sont privilégiés par l’occupant.

    Paris transformée

    Beaucoup d’immeubles changent de fonction et d‘occupants. Les familles juives sont spoliées (programme de l’« aryanisation économique »). Il faut en effet beaucoup de place et de locaux pour accueillir :

    – l’état-major du haut commandement militaire allemand

    – les bâtiments officiels des autorités de Vichy (préfecture, ministères)

    – les organes de propagande (comme le Commissariat général aux questions juives)

    – les organismes bancaires (comme la Caisse de crédit du Reich)

    – les sièges des journaux, radios et sociétés de films collaborationnistes

    – les entrepôts (qui stockent par exemple les produits confisqués du marché noir)

    – les usines d’armement…et les prisons

    La particularité du Paris de l’occupation est que de très nombreux monuments changent de fonction. Voici quelques exemples de détournement de la vocation des lieux :

    – l’institut Pasteur fabrique des vaccins destinés à la Wehrmacht

    – le Grand Palais sert de garage puis devient un espace d’expositions de propagande. Tino Rossi y chante pour les prisonniers de guerre. Le cirque Busch finit par s’y abriter.

    – le vélodrome d’hiver sert à la déportation des juifs vers le camp de Drancy (rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942)

    – la fondation Rothschild devient une antenne médicale du camp de Drancy

    – le parc des expositions de la porte de Versailles se transforme en un dépôt d’habillement de l’armée de terre allemande

    – le palais de Chaillot devient un centre culturel allemand où Karajan joue du Wagner en juin 1941

    – l’hôtel Matignon est occupé par la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés

    – le Palais du Luxembourg devient le siège de la Luftwaffe (armée de l’air allemande)

    – l’Hôtel de Ville accueille les services du préfet qui est le principal interlocuteur de l’occupant allemand

    La vie à Paris sous l’occupation

    La vie quotidienne des Parisiens est certes beaucoup plus difficile mais reste à peu près la même qu’avant la guerre. Les salles de cinéma présentent des films à succès, les salles de spectacle, les cabarets, les restaurants , les théâtres restent ouverts. Le « tout-paris » fréquente l’hôtel particulier de Sacha Guitry. Certains quartiers gardent leur vocation touristique (comme Montmartre). 200 maisons closes environ fonctionnent, dont la plus « sélect », le « One two two » (où le fils de Winston Churchill fait scandale en 1944). L’atmosphère de cette époque a été transmise par le photographe André Zucca (voir le catalogue de l’exposition et montrer les pages 23, 62, 80, 112). Il est à noter que cette exposition tenue en 2008 a engendré une polémique parce que les photographies livrent une image de la banalité d’un quotidien qui ferait presque oublier le contexte de guerre.

    Nous allons effectuer un itinéraire au cœur du Paris occupé, c’est à dire dans les VII et VIIIe arrondissements, autour des Champs Elysées notamment.

    COMMENTAIRES

    1. Opéra Garnier

    Il est le premier édifice visité par Hitler le 23 juin 1940. Ce monument est en effet un emblème mondial : c’est l’édifice qui a servi de modèle à la plupart des opéras construits à travers le monde à la fin du XIXe siècle. Contrairement à de nombreux autres monuments, il garde sa fonction. Néanmoins, son public et sa programmation changent. On y jour davantage Mozart et Wagner. Les autorités d’occupation ont droit à un quota de fauteuils d’orchestre. Le 22 mai 1941, Karajan y dirige L’Enlèvement au sérail de Mozart. L’opéra Garnier confirme la vocation de Paris à être, selon les termes de Goebbels, le « Luna Park de l’Europe », c’est à dire un haut lieu des loisirs, du tourisme et des plaisirs, même si le plaisir n’appartient ici qu’aux mélomanes.

    L’Opéra Garnier devient une vitrine de l’art lyrique allemand, une preuve en quelque sorte du haut degré culturel de l’Allemagne occupante. Des orchestres allemands jouent sur les marches de l’Opéra. Garnier symbolise donc également la volonté de montrer la perpétuation des échanges culturels entre la France et l’Allemagne.

    2 – Autour des Champs Elysées

    Les Champs Elysées sont l’espace parisien le plus symbolique de la grandeur de la France et de celle de l’Allemagne vainqueur. C’est en effet dans ce périmètre que l’on mesure le plus l’occupation allemande de la capitale française.

    42: Hall Citroën

    C’est un hall d’exposition des voitures Citroën depuis 1933. Reconstruit à deux reprises, le bâtiment accueille toujours les voitures Citroën. Pendant l’occupation, il sert de hall d’exposition aux nazis. En janvier 1944, a lieu une exposition de photographies de la Waffen-SS.

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    42 avenue des Champs-Elysées en 2011

    52 : Les services de propagande allemande du Grand-Paris (Propaganda-Staffel):

    Le bâtiment abrite d’abord les locaux de l’armée de l’air puis les services de propagande qui se divisent en huit services : la presse, la radio, le cinéma, la musique, le théâtre, la littérature, la propagande active, l’administration.

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    52 Avenue des Champs-Elysées en 2011

    104-110 : société Continental-Films.

    C’est une société française de production cinématographique à capitaux allemands. Elle est la rivale de Pathé et de Gaumont. Goebbels, ministre de la propagande du Reich, crée Continental-Films. Cette société réalise 33 films parmi lesquels :

    1941 : Henri Decoin, Les Inconnus dans la maison

    1942 : Henri-Georges Clouzot, L’Assassin habite au 21, Le Corbeau (1943)

    116 bis : Siège Radio-Paris

    on y trouve le siège de Radio-Paris qui présente 3 types de programmes : les actualités, la musique classique et les variétés. Cette radio devient un organe de propagande au service des nazis. L’humoriste Pierre Dac dénonce ce fait lorsque, sur l’air de la Cucaracha, il rappelle sur les ondes que : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand ».

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    116 bis Avenue des Champs-Elysées en novembre 2011

    Arc de triomphe

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    Il célèbre les victoires de Napoléon. On voit d’ailleurs gravé dans la pierre le nom des grandes batailles victorieuses, notamment en Prusse et en Saxe. Depuis le 11 novembre 1920, on trouve sous l’arche principale la tombe du Soldat inconnu. Dès le 14 juin 1940, le drapeau allemand flotte sous l’Arc de triomphe. L’armée allemande défile à cette date sur les Champs Elysées. Des soldats allemands montent chaque jour la garde. La vocation du monument à célébrer le sacrifice des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale n’est pas mise en cause par l’occupant.

    Néanmoins, à la date symbolique du 11 novembre 1940, une manifestation d’étudiants de la Sorbonne et de lycéens (environ 3000 personnes) venus déposer une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu tourne mal. Ce geste est violemment réprimé : 200 arrestations, emprisonnements, fermeture de la Sorbonne sur plusieurs semaines, rafle de 1000 jeunes dans le quartier latin quelques jours plus tard). Cette manifestation est considérée comme le premier acte de résistance.

    C’est à l’Arc de triomphe que les militaires allemands remettent officiellement la décoration de la Croix de fer (la francisque est quant à elle remise aux Invalides).

    A proximité des Champs Elysées, d’autres bâtiments importants ont été réquisitionnés, comme l’hôtel George V occupé par le quartier général de l’armée de terre.

    101 : magazine Au Pilori installé dans l’hôtel d’Albe Pas de photo

    Ce magazine appartient à la presse antisémite. Il procède ouvertement à des dénonciations. Il se présente comme un journal de combat contre la « judéo-maçonnerie » et pour les « intérêts français ». Cet hebdomadaire tire à 65000 exemplaires jusqu’en août 1944. Il est financé par la propagande allemande.

    3. Place de la Concorde et Palais Bourbon

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    La place de la Concorde est un haut lieu de l’occupation allemande en raison de l’installation des officiers allemands à l’hôtel Crillon et de la transformation du ministère de la Marine en Etat-major de la Marine allemande (Marinebefehlshaber) dirigé successivement par l’amiral Otto Schultze et par l’amiral Wilhelm Maschall.

    Juste à côté, rue Royale, le restaurant Maxim’s accueille le « Tout-Paris ». Goebbels pense un temps le réserver aux Allemands seuls mais renonce à cette idée. Le 19 juillet 1940, Pierre Laval y rencontre les hauts dignitaires allemands et c’est là qu’ils jettent les bases de la collaboration.

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    Place de la Concorde novembre 2011

    Le Palais Bourbon (Assemblée nationale).

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    Depuis la mise en place du régime de Vichy, la Chambre des députés est déclarée vacante. Le bâtiment est donc occupé par le haut-commandement militaire allemand et par un tribunal militaire. Beaucoup de fonctionnaires allemands y travaillent. Sur la façade, une grande banderole proclame : « L’Allemagne vainc sur tous les fronts ».

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    Assemblée Nationale en novembre 2011

    4. Hôtel Lutetia

    L’hôtel abrite le service de renseignements de la Wehrmacht (Abwehr) qui dépend du haut-commandement militaire allemand en France. La fonction première de l’Abwehr est la lutte contre la Résistance. Le Lutetia devient donc le symbole de l’oppression nazie.

    En août 1944, les services du général de Gaulle réquisitionnent le bâtiment. Le palace devient le centre d’accueil des déportés libérés. C’est là que l’on affiche les listes et les

    Photographies des survivants ou bien des personnes recherchées par leurs proches (voir à ce sujet la fin du film La Rafle et le livre formidable d’Assouline).

    De 1940 à 1944, Paris reste pour les Français et pour les Allemands une ville de plaisir, une capitale européenne du tourisme qui vit à l’heure allemande (l’heure officielle est bien celle de Berlin). Mais c’est aussi une ville où la population subit les rafles, les réquisitions, le rationnement. La vie y est bien plus dure qu’avant. Paris apparaît enfin comme un enjeu fort entre l’occupant et la Résistance, comme un terrain d’affrontement jusqu’aux jours de la Libération où elle est menacée de destruction par ordre de Hitler auquel le général von Choltitz désobéit fort heureusement (voir le film de René Clément Paris brûle-t-il ? réalisé en 1966).

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    Hôtel Lutecia en novembre 2011

     

    http://www.coeurssansfrontieres.com/fr/colloques/rencontre-2011-a-rosny-sous-bois/visite-en-car-du-paris-sous-loccupation/

     

     

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    Paris occupé, Paris occulté

     

     

     

    Ne vous êtes vous jamais demandé, en marchant dans Paris, quel secret se cachait derrière la façade de tel ou tel immeuble ?

    Cette interrogation a maintes fois travaillé Cécile Desprairies.

    Avec Ville lumière, années noires - les lieux du Paris de la Collaboration (éditions Denoël), cette philosophe et germaniste fait parler les murs de la ville. Son travail, qui repose à la fois sur les archives et sur la littérature produite pendant cette période, éclaire les zones d’ombres de la ville lumière.

    Pour écrire Ville lumière, années noires (deux ans de travail, sept jours sur sept) Cécile Desprairies a consulté des milliers de documents :

     

    « Je suis allée au Centre de Documentation Juive Contemporaine, puis auxarchives de Coblence, en Allemagne.

     

    Là-bas, il y a deux millions de négatifs. L’Allemagne effectue un vrai travail de mémoire. Ce pays va bien parce qu’il y a eu ce travail de mémoire.

     

    En France, on n’en parle pas.

    Parce que trop de gens ont été impliqués.

     

    L’Occupation a été l’avènement de toute une caste.

    Ce passé ne passe pas, mais on peut le toucher, grâce à la pierre, aux façades ».

    Son livre est inclassable. Et il fait peur.

     

    Plus de 70 ans après les faits qu’est-ce que représente la Collaboration aujourd’hui ?

    Rien et beaucoup. Trop, en fait.

     

    Trop ancien pour les jeunes. NON !

    les Jeunes s'intéressent au passé, souvent, très souvent méconnu

    et mis sous silence....

    Afficher l'image d'origine 

    Trop court pour ceux qui aimeraient oublier.

     

    Mais déjà les acteurs disparaissent, tandis que les cadets peuvent si facilement ne rien savoir de l’histoire qui se joua dans cette ville.

    Oui, ce livre effraie. Il sort au mauvais moment ?

    Parler de la guerre aujourd’hui.

     

    Parler des fantômes qui errent par les rues parisiennes ?

    On ne sait pas par quel bout le prendre.

     

    C’est sans doute pourquoi il s’est trouvé si peu de journalistes pour en rendre compte alors que les libraires, tout au long de l’année, consacrent toujours un bout de table aux livres sur Paris, sujet en or pour l’édition.

    On sent bien que pour Cécile Desprairies, aussi, le sujet a été difficile à aborder, à négocier, tant l’angle est fermé :

     

    « C’est un sujet dur et difficile" explique-t-elle. "La meilleure distance, poursuit-elle, c’était d’objectiver et de parler des lieux plutôt que des personnes ».

     

     

    Cette distance, c’est l’exact opposé de l’indifférence, c’est l’exact opposé du déni.

    Ville lumière, années noires n’est pas un livre d’histoire, mais une sorte de mémorial, une tentative de description de lieux parisiens qui, pendant quatre ans, ont été placés entre parenthèses.

     

    Cela commence par une intuition :

     

    « J’ai toujours eu un 6ème sens.

    Je me disais « là, il s’est passé quelque chose ».

    Mais ce n’était écrit nulle part ».

    Entre 1940 et 1944, pendant que les Allemands occupent, les Parisiens sont partagés.

     

     

    Certains s’empressent d’accompagner les « vainqueurs »

    dans leur tâche quand d’autres, la majorité, se débrouillent.

     

    « Les réquisitions sont officiellement françaises, mais l’impulsion est presque toujours allemande.

     

    Les allemands sont partout, mais n’apparaissent nulle part »,

    précise Cécile Desprairies.

    A l’époque, on parlait volontiers d’aryanisation économique.

     

    La Collaboration fut d’abord cela :

    économique : expropriation, vol, trafics en tous genres.

    Pour ceux qui en sont les victimes il n’y a pas eu de choix.

     

    Ce fut l’extermination, pendant qu’au Palais Berlitz, école de langue devenue salle d’exposition dévolue à la propagande antisémite, on occupe le temps de cerveau disponible du gogo avec

     

    « Le Juif et la France », expo qui ne désemplira pas…

     

    Cécile Desprairies aurait pu inscrire en exergue de Ville lumière, années noires cet extrait du livre d’Herbert R. Lottman, La Rive gauche, du front populaire à la guerre froide

    (Le Seuil, 1981) :

     

    « Lorsqu’on relit les mémoires des grands acteurs de ces années-là, on risque d’en être amené à conclure que presque tout le monde à Paris résistait.

     

    Mais on pourrait aussi établir que « tout le monde collaborait ».

     

    Idée qui s’explique sans doute par les efforts des collaborateurs eux-mêmes, pour qui il était réconfortant, et même utile (afin d’échapper à la prison et même pire) de prouver qu’ils n’avaient pas été seuls impliqués dans des activités

    coupables et peut-être criminelles ».

     

    Paris fut bien celui que photographia André Zucca :

     

    on y vécut pendant que la police française

    envoyait à la mort des enfants.

     

    Comme partout dans le monde, de tous temps on vit à côté des rafles. L’auteur résume la situation d’une phrase :

     

    « Dans les bottins de l’époque on voit les noms changer ».



    Mais Cécile Desprairies, par peur sans doute d’être aveuglée par la rage et la colère, n’a pas voulu évoquer frontalement ce scandale.

     

    Son ouvrage ne détourne pourtant pas le regard des victimes.

     

    Quand elle évoque le journal Le Pilori (aujourd’hui siège du maroquinier Vuitton), elle rappelle que ce journal, peut-être le pire de toute cette période, pire encore que Je suis partout (ce qui n’est pas peu dire) lança en janvier 1941 un « grand concours » sur le thème :

     

    « où fourrer les Juifs, toute mesure de destruction raciale étant admise ».

     



    Lorsqu’elle parle de l’Entreprise de déménagement du 308 de la rue Lecourbe, elle rappelle que « cette entreprise relève du Comité d’organisation des entreprises de déménagement (COED), sorte de corporation des déménageurs fondée à Vichy en octobre 1940 » et précise que son plus gros client est le service de l’Ouest d’Alfred Rosenberg.

     

    En mai 1942 ce service organisa « l’Opération meuble », c’est-à-dire le « déménagement de biens mobiliers spoliés », voilà de quoi donner du travail aux déménageurs.

     

    De fait, 80 camions de déménagement circulent alors quotidiennement dans Paris.

    Un journal, une entreprise de déménagement... Quel rapport sinon que ce sont deux même aspects de la Collaboration. Chaque entrée de ce livre est une histoire.

    Chaque histoire nourrit le même fleuve, charrie les mêmes cadavres.

    Mais Ville lumière, années noires se lit plutôt comme un guide. Il est d’ailleurs construit de cette façon.

     

    Comme l’itinéraire invisible, souterrain, effacé, gommé, d’un Paris disparu.

     

    Un Paris qui n’a laissé aucune trace dans les mémoires. De l’historien, Cécile Desprairies l’avoue elle-même, elle n’a pas la méthode. Ville lumière s’approche plus d’un récit en image.

     

    Livre de photographies, livre de témoignages, c’est presque un catalogue dans lequel elle retrace l’histoire éphémère de tel ou tel immeuble parisien entre 1940 et 1944. Des immeubles Hausmanniens, situés à des angles de rues, si possible comportant deux entrées, au cas où…

     



    Appartements (tel celui du ministre Georges Mandel) réquisitionnés par les Allemands, immeubles entiers transformés en lieux de pouvoir (Hôtels Continental, Ritz et Meurice), de propagande (Radio-Paris, Paris-presse), lieux supposés de l’intelligence (Librairie Rive-Gauche, éditions Grasset), lieux de rassemblements politiques (Maison de la chimie) sans oublier le Vel’ d’hiv’, emblématique entre tous, démoli en 1959.

    Et puis, enfin, ne pas omettre les lieux de plaisirs de toutes sortes.

     

    Car ce n’est un secret pour personne :

    on s’amusait  bien à Paris en cette époque.

     

     

    La Coupole tournait à plein, les cinémas le Français ou le Gaumont Palace projetaient les derniers succès à la mode, le cabaret le Shéhérazade était plein, comme les bordels le Chabanais ou le One two two, la salle Wagram, le Théâtre de l’Empire, le restaurant Maxim’s et tant d’autres endroits.



    Cécile Desprairies ne les cite pas tous. Impossible d’être exhaustive.

    Elle n’en a gardé « que » 200 dans ce livre de 350 pages environ.

    200 lieux économiques, politiques, stratégiques, intellectuels.

    La présentation est systématique. Comme un catalogue.

    Chaque lieu est décrit sur deux pages.

    Une photo ou un plan cadastral sert à l’identifier visuellement où à le situer sur le plan parisien.

     

    L’autre page décrit précisément l’affectation de ce bâtiment pendant la Collaboration.

     

    Quelques lignes expliquent ce qu’il devint ensuite.

     



    Pour éclairer cette présentation, l’auteur attribue un verbatim généralement tiré de mémoires, carnets, écrits d’auteurs allemands ou français, collaborationnistes ou non : Ernst Jünger, Arno Breker, Gerhard Heller, Lucien Rebatet, Fabienne Jamet, jusqu’à Hélène Berr dont le journal a paru l’an passé, préfacé par Patrick Modiano.

    Comment en effet ne pas penser à Modiano en parcourant Ville lumière,années noires ? Pierre Assouline l’évoque d’ailleurs, peut-être avec trop d’insistance dans son introduction. Ses remarques à propos de l’auteur de Place de l’Etoile sont cependant bien senties. Notamment celle-ci :

     

    « Avec lui, le cadastre a trouvé un poète ».

    S’il faut définir ce livre disons que c’est une sorte de récit.

     

    Un récit, pas une fiction. Les lieux, les personnages - bourreaux, complices et victimes -, les faits, tout est vrai.

     

    Mais tout est vu à travers le regard d’un témoin fascinant : la ville.

     

    Paris qui a tout vu, mais qui se tait. Cécile Desprairies, patiemment, a choisi d’écouter la ville, de sonder les façades de pierres, de révéler ce secret d’autant plus troublant qu’il est là, sous nos yeux.

     

    SOURCES / article écrit par BABAR 

    mardi 23 décembre 2008

    http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/paris-occupe-paris-occulte-49113

     

     

     

     

     

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    PARFUM DE TRAHISON

    – Quand Coco Chanel était un agent nazi

     

     

     

    © Boris Lipnitzki / Roger-Viollet

     

     

    Elle était la plus élégante des espions nazis. Selon une nouvelle biographie grinçante de Coco Chanel, intitulée Sleeping With the Enemy, Coco Chanel Secret War (Coucher avec l’ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), qui sort aux Etats-Unis le 16 août, l’iconique créatrice de la maison de haute-couture française avait été recrutée en 1940 dans l’Abwehr, les services de renseignements de l’état-major allemand.

     

    Son nom de code :

    « Westminster », emprunté à un ami de longue date et parfois amant, le duc de Westminster, raconte le site d’information américain Daily Beast.

     

     

     Bundesarchiv Bild 146-1973-139-14, Günther v. Kluge.jpg

     

    D’après l’auteur du livre, Hal Vaughan, journaliste américain spécialiste de la seconde guerre mondiale, « Mademoiselle » avait été introduite dans l’organisation par l’un de ses amants, le baron Hans Gunther von Dincklage,

     

    Field Marshal Günther von Kluge reviews the Vichy French LVF (638. Infanterie-Regiment) in Russia during Operation Barbarossa, November 1941.

     

     

     

    un espion travaillant pour les services secrets allemands, honoré par Adolf Hitler et Joseph Goebbels pendant la guerre.

     

     

     

     

     

     Afficher l'image d'origine

    photo après la guerre

     

     

    Le baron a manifestement utilisé Coco Chanel et l’a même embarquée en 1943 dans une tentative — avortée — de médiation entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne, où elle aurait servi d’intermédiaire.

     

     

    Comment justifier une telle collaboration ?

     

     

    Coco Chanel, « femme d’affaires brillante et sans scrupules », a tout d’abord essayé de profiter du contexte pour étendre son pouvoir, explique The Daily Beast.

     

     

    The young Baron von Dinklage circa 1935 at the German Embassy in Paris when he was working for the Gestapo, already a close friend of Chanel.

     

    Le baron Dincklage se serait ainsi arrangé pour qu’elle puisse maintenir son domicile au très chic Hôtel Ritz à Paris, alors réservé aux fonctionnaires nazis. Elle aurait également utilisé ses relations pour ravir la propriété de Chanel no 5 des mains de la famille juive Wertheimer, qui avait produit et distribué son parfum à travers le monde.

     

     

     

    Von Dinklage in1944. He tried to enter Switzerland but was denied entry although he eventually made it in secretly and was sheltered by Chanel.

     

    Mais au-delà des affaires, Hal Vaughan risque de sérieusement écorner l’image de l’icône de la mode en assurant que Chanel était « férocement antisémite bien avant que cela soit un moyen de plaire à l’occupant allemand ».

     

     

     

     

    Chanel in Lausanne in 1949 with Baron von Dinklage.

     

    Et le Daily Beast de citer :

     

    « Elle devint riche en se faisant apprécier des très riches et partageait leur détestation des juifs, des syndicats, des francs-maçons, des socialistes et du communisme. Elle estimait après 1933 que Hitler était un grand européen.« 

     

     

    A la Libération, Coco Chanel a été arrêtée pour crimes de guerre, mais n’a jamais été condamnée, sans doute grâce à l’amitié que lui portait Winston Churchill. Elle s’est alors exilée en Suisse, au bord du lac Léman, pendant neuf ans, avant de retourner à Paris.

     

     

    SOURCES / http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/08/15/parfum-de-trahison-quand-coco-chanel-etait-une-espionne-nazie/

     

     

     

     

     

     

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